Impression offset : quelles encres sont vraiment les plus écologiques ?

Encres végétales ou encres LED UV : lesquelles sont vraiment les plus écologiques ? Derrière ces deux appellations se cachent des technologies différentes, avec leurs avantages et leurs limites. Composition, séchage, consommation d’énergie, recyclabilité : faisons le point pour dépasser les idées reçues et mieux comprendre leur impact environnemental.
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Plusieurs types d’encres peuvent être utilisées en impression offset, impliquant certaines différences techniques ou sur le plan de l’impact environnemental. Parmi celles-ci, on peut distinguer : 

  • Les encres dites “végétales », qui désignent principalement une composition : une partie des huiles ou composants utilisés dans l’encre est d’origine végétale, par exemple soja, colza, lin ou autres huiles végétales. Elles ont été développées en alternative à certaines encres à base d’huiles minérales et peuvent présenter des avantages, notamment une réduction de certains composés organiques volatils dans certains contextes d’impression. Des notes techniques sur les matières premières renouvelables en offset rappellent toutefois que ces formulations restent complexes et que les matières premières renouvelables doivent être adaptées chimiquement pour remplir leur fonction.
  • Les « encres LED », plus précisément les encres UV LED, qui renvoient plutôt à un mode de séchage ou de polymérisation. Ces encres sèchent sous l’effet d’une lumière LED spécifique. Elles ne fonctionnent donc pas comme des encres offset traditionnelles qui sèchent par pénétration et oxydation. Elles polymérisent rapidement, ce qui permet une manipulation immédiate des feuilles.

Les deux appellations ne sont ainsi pas complètement comparables ou opposables car elles ne renvoient pas à la même chose : d’un côté une origine partiellement végétale des composants, de l’autre une technologie de séchage.

encres impression offset

Les encres végétales sont-elles toujours plus écologiques ?

Non, pas automatiquement.

Les encres végétales peuvent présenter de vrais avantages. Elles permettent notamment de réduire le recours à certains composants issus du pétrole et peuvent contribuer à limiter certains COV selon les formulations et les usages. Elles ont donc leur place dans une démarche d’impression responsable.

Mais l’argument « végétal » ne suffit pas à lui seul à établir la supériorité environnementale d’une encre. Il faut regarder la formulation complète, le support utilisé, le procédé d’impression, le séchage, les solvants éventuels, les nettoyages, les finitions, la consommation d’énergie et surtout la fin de vie du document.

L’association INGEDE, spécialisée dans le désencrage et le recyclage des papiers imprimés, souligne d’ailleurs que les encres doivent être testées individuellement et que « végétal » ne signifie pas automatiquement « facile à désencrer ». Elle indique que différentes encres se comportent différemment dans le processus de recyclage.
(source : https://pub.ingede.com/en/press-releases/pr-1-2019/ )

C’est un point essentiel : un imprimé plus « vert » à l’étape de fabrication n’est pas forcément le plus facile à recycler en fin de vie.

Prendre en compte la recyclabilité

Sur le plan de la recyclabilité non plus, pas de réponse automatique : cela dépend des encres, des supports et des procédés de recyclage. Mais certaines données techniques montrent que les encres LED UV peuvent obtenir de bons résultats en désencrage.

Une étude publiée sur le désencrage par flottation a ainsi comparé plusieurs types d’encres sans huiles minérales, dont des encres LED UV et des encres à base d’huile végétale. Les résultats indiquent, dans les conditions de cette étude, une meilleure efficacité de désencrage pour les impressions LED UV que pour les impressions à base d’huile végétale. L’étude mentionne notamment une efficacité de désencrage de 46,9 % pour l’encre LED UV, contre 42,1 % pour l’encre à base d’huile végétale, avec un gain de blancheur également supérieur pour la LED UV.
(source : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35843968/ )

Il ne faut pas transformer ce résultat en slogan absolu. Toutes les encres LED ne se valent pas, tous les papiers ne réagissent pas de la même manière, et le recyclage dépend aussi des filières disponibles. Mais ce type de donnée permet de corriger une idée trop simpliste : une encre végétale n’est pas automatiquement plus recyclable qu’une encre LED.

encres impression offset (2)

Avantages respectifs : encres végétales et encres LED

Les encres végétales ont des atouts réels :

  • Elles peuvent réduire la part de matières premières fossiles.
  • Elles peuvent contribuer à réduire certains COV selon les formulations.
  • Elles sont bien identifiées par de nombreux donneurs d’ordre.

Les encres LED ont également des avantages importants :

  • Séchage quasi instantané.
  • Réduction des temps d’attente avant façonnage.
  • Moins de risque de maculage.
  • Très bonne tenue sur certains supports.
  • Possibilité de réduire la gâche liée au séchage ou aux manipulations.
  • Pas de séchage par lampe mercure dans les systèmes LED.
  • Pas d’émission d’ozone ou d’infrarouge selon les configurations LED.
  • Potentiel de réduction de consommation énergétique par rapport à certains systèmes UV traditionnels.
  • Bons résultats possibles en désencrage lorsque les encres sont formulées pour cela.

La conclusion objective est donc simple : il ne faut pas opposer « végétal » et « LED » de manière caricaturale. Une technologie d’impression responsable ne se résume pas à un mot-clé. Elle dépend d’un ensemble de choix techniques cohérents.

La bonne approche consiste donc à raisonner en cycle complet : formulation, énergie, qualité, gâche, séchage, nettoyage, durabilité du support, désencrage et recyclage.

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